Parole de marcheur

DiversPosted on 07/31/2014 by MDA

neige

« Nous avions établi le camp, quelques tentes, aux environs immédiats de la chaîne de montagnes, explique Picciotto. Un jour, nous décidâmes, Jaco et moi, d’aller voir de plus près les vestiges de l’Avant s’apparentant à une vieille ferme qui étaient à quelques centaines de mètres seulement de nos tentes. Normalement, lorsqu’on quitte le camp, même si c’est pour une petite sortie, il faut impérativement non seulement prendre deux traîneaux mais également emporter la tente et de la nourriture.

Je ne sais pas pourquoi mais, cette fois là, à cause du temps particulièrement clément sans doute, nous étions partis avec des traîneaux vides. Une demi-heure plus tard, nous étions à pied d’œuvre en train d’admirer ce qui est, pour moi, une pépite de l’Antech : un laboratoire intact. Tout allait bien et nous étions fébriles à l’idée de nous frayer une entrée. Mais soudain, nous nous sommes inquiétés en voyant des lambeaux de neige s’effilocher au-dessous des montagnes. La décision fut prise de rentrer immédiatement. Une fois de l’autre côté du versant, nous fûmes en plein blizzard. La visibilité était nulle et j’apercevais à peine mes cerbères. Dans de pareilles circonstances, je l’avais appris de Jaco avant de partir, pour retrouver les tentes, il est impératif de garder le bon cap. Pour ce faire, nous devions en permanence faire attention à l’endroit précis du corps où le vent frappe, l’épaule ou la joue, par exemple… Une autre méthode pour se guider dans le blizzard est d’observer la direction des sastrugis et de les couper toujours selon le même angle.

A l’aller, nous avions mis une demi-heure environ pour faire le trajet, une heure après que le blizzard eut commencé à souffler et que nous étions en train de marcher, nous n’étions toujours pas en vue du camp. Moi, j’étais d’avis de retourner nous mettre à l’abri de l’autre côté de la montagne. Mais Jacques m’en dissuada « on marche encore un quart d’heure, me disait-il alors, après on avisera. Un quart d’heure plus tard, toujours rien… Soudain, alors qu’on commençait à se poser de terribles questions, une des cerbères de Jaco, qui était insupportable mais tellement intelligente, a fait un brusque écart. Elle avait senti les tentes qui se trouvaient à cinq mètres de nous . Nous étions en train de passer à côté du camp sans le voir ! Sans ce petit miracle, sans l’incroyable flair de cette cerbère, je ne sais ce que nous serions devenus… » entendu aux abords du Nid des Aigles

Leave a Reply

Free Premium Wordpress Theme by Theme Force